Soins infirmiers liés au cannabis : reconnaissance, formation et limites professionnelles

09/11/2023
A Medical Cannabis Nurse

La reconnaissance des soins infirmiers liés au cannabis aux États-Unis

Le 27 septembre 2023, l’American Nurses Association (ANA) a annoncé qu’elle reconnaissait les soins infirmiers liés au cannabis (cannabis nursing) comme une spécialité infirmière. L’annonce décrivait un domaine consacré à l’accompagnement des personnes qui cherchent des informations sur le cannabis dans le cadre des soins de santé. Il s’agissait d’une reconnaissance par une association professionnelle, et non d’une nouvelle autorisation fédérale d’exercer pour le personnel infirmier. Les questions relatives à la douleur, au stress ou aux nausées exigent toujours une évaluation de l’affection concernée, du produit et des données disponibles ; l’annonce n’a pas établi que le cannabis constituait un traitement efficace pour ces trois problèmes.

Une approche éclairée des soins aux patients

Les patients peuvent souhaiter parler de produits d’origine végétale en complément d’autres options de traitement. Cette discussion doit tenir compte de leurs préférences, sans supposer que les substances naturelles sont plus sûres ou plus efficaces que les médicaments de synthèse. La FDA distingue les médicaments cannabinoïdes autorisés des produits à base de cannabis non autorisés. L’autorisation de certains médicaments sur ordonnance n’établit pas la sécurité ni l’efficacité de tous les produits contenant du THC ou du CBD. La formation infirmière peut aider les patients à comprendre ces différences, sans promettre un retour à des traitements naturels intrinsèquement plus sûrs.

Coûts des soins et choix de traitement

Le caractère abordable des soins, l’accès aux conseils et le coût des traitements sont des éléments pertinents pour les soins aux patients. Toutefois, l’annonce de l’ANA sur cette spécialité ne comportait aucune évaluation économique montrant que le cannabis réduit les dépenses de santé aux États-Unis ou remplace les médicaments conventionnels. Elle n’a pas non plus établi que l’usage du cannabis présentait, de manière générale, un profil de risque maîtrisable. Une discussion sur le coût des traitements nécessite des informations sur les options réellement accessibles à chaque patient. La reconnaissance professionnelle ne prouve pas à elle seule une baisse des coûts d’assurance, une supériorité clinique ou une évolution de l’influence de l’industrie pharmaceutique.

Responsabilités juridiques dans la pratique clinique

L’intérêt des patients pour le cannabis rend importantes des orientations claires sur les responsabilités professionnelles. Le National Council of State Boards of Nursing (NCSBN) explique que l’exercice infirmier est régi par la loi sur l’exercice de la profession (nurse practice act) et la réglementation de chaque juridiction. La reconnaissance d’une spécialité ne modifie pas en soi ces lois et ne donne pas à l’ensemble du personnel infirmier le pouvoir de prescrire ou de recommander du cannabis dans le cadre d’un programme médical. Toute activité envisagée doit correspondre à l’autorisation d’exercer, aux compétences et aux exigences applicables à chaque professionnel infirmier. L’annonce de 2023 ne doit pas être interprétée comme une autorisation légale, à l’échelle nationale, de recourir au cannabis comme traitement.

Formation sur le cannabis et normes professionnelles

La reconnaissance de la spécialité donne aux soins infirmiers liés au cannabis une place dans la réflexion de la profession sur les connaissances et les pratiques. Elle ne signifie pas que toutes les questions cliniques ont été tranchées ni que chaque formation confère la même qualification. Dans sa déclaration de principe de 2021, l’ANA a appelé à renforcer la recherche et à établir des normes de prescription fondées sur des données probantes. Il s’agissait de recommandations professionnelles, et non de la preuve qu’un système de posologie universel avait déjà été mis en place. La formation doit aider chacun à distinguer les données cliniques des idées reçues sur l’automédication.

Le rôle des connaissances sur le cannabis dans les soins infirmiers

Des connaissances sur la dose, la voie d’administration, les effets recherchés et les effets indésirables peuvent aider le personnel infirmier à aborder les questions liées au cannabis dans les limites de son rôle. Le cadre du NCSBN relatif au champ d’exercice invite à vérifier si une activité correspond à la formation, à l’autorisation d’exercer et aux compétences du professionnel infirmier, ainsi qu’aux règles locales. Soutenir un patient et coordonner les soins avec d’autres professionnels n’équivaut pas à choisir un traitement de manière autonome. La réponse appropriée peut impliquer une évaluation complémentaire ou une orientation vers un autre professionnel ; une expertise dans ce domaine ne garantit pas un bénéfice pour un large éventail de symptômes.

Conséquences pour les politiques et les pratiques de santé

La décision de l’ANA illustre la manière dont une association professionnelle peut reconnaître un domaine en développement. Elle peut nourrir le débat dans d’autres pays, mais elle n’y fixe pas la réglementation des soins infirmiers et n’y autorise aucun traitement. Le soutien de l’article original au libre choix des patients relève d’un point de vue sur les politiques publiques. Mettre ce principe en pratique exige de tenir compte des responsabilités professionnelles locales et de ce que les patients peuvent raisonnablement attendre des données disponibles. Ni la reconnaissance professionnelle ni la préférence des patients ne peuvent établir l’efficacité d’une préparation donnée.

Réduire la stigmatisation par une information exacte

L’annonce de 2023 a désigné la stigmatisation comme un enjeu pour les soins infirmiers liés au cannabis. Des échanges respectueux peuvent laisser place aux questions et aux expériences des patients, sans considérer chaque affirmation comme une donnée établie. L’ANA a également souligné la nécessité de la recherche clinique. La formation continue doit donc aborder l’incertitude et les limites professionnelles en même temps que les utilisations thérapeutiques potentielles. Une communication claire sur ce qui est connu, ce qui reste à éclaircir et les personnes autorisées à dispenser tel ou tel soin est essentielle à une discussion éclairée sur le cannabis dans le domaine de la santé.

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